dimanche 27 mars 2011

Gaël m “Little Big Bang”…


Mazel tof ! On connaissait l'humour juif en général, moins celui de la jeune garde littéraire israélienne. C'est aujourd'hui chose faite avec cette fable. À partir d'un régime amaigrissant à base d'olives, et d'un olivier qui pousse dans l'oreille de celui qui tente de perdre du poids, sont évoqués la Shoah et ses survivants, les rapports homme/femme, l'amour maternel, les palestiniens, les colons et les territoires occupés. Rien que ça. Mais derrière cette fable décalée où l'auteur aborde bon nombre de sujets d'actualité se cache un récit qui prête à sourire voire à franchement rire. À travers cette famille israélienne moderne et cet olivier “colon” qui pousse en territoire étranger se dessine une société empreinte de convictions et de contradictions. Une société en mutation qui commence peut-être à comprendre qu'il serait grand temps d'accepter l'autre aussi différent et éloigné de nous soit-il...
À déguster avec un Mont Hermon blanc du plateau du Golan (toujours occupé par Israël malgré la condamnation du Conseil de sécurité des Nations Unies)…
“Little Big Bang”, Benny Barbash, éd. Zulma, 17,5
0 €.

vendredi 4 septembre 2009

Gaël m pas “Bella Ciao”…


Il en va de certains livres comme des corridas de “figuras”…
Ces corridas du vendredi en Arles à l'approche de Pâques qui réunissent ce qui se fait de mieux question maestros (vivement Castella le 12 septembre en Arles et le 26 à la Real Maestranza !!!).
On ouvre le livre, fébrile, excité comme à 6 de la tarde, certain d'assister au spectacle du siècle, si assuré de voir pleuvoir orejas et rabo… Et puis… Et puis rien ! Silence, sifflets et bronca.
On ferme le livre comme on sort des arènes dans ces moments-là. Blessé, amer, frustré et prêt à sombrer dans le Fino. Et pourtant, c'est bien ce même matador que l'on a vu ciseler des faenas d'antologie à Valence ou Madrid… Et pourtant, c'est bien ce même Holder que l'on a vu, seul dans l'arène, face à “Mlle Chambon” ou “L'homme de chevet”…
Oui, mais voilà… Aujourd'hui n'était pas le jour…
Pourtant, l'aficionado était là, fidèle au rendez-vous depuis 1996, persuadé que son maestro-écrivain allait, une fois de plus, l'émouvoir. Et que dire de l'histoire-toro qu'Holder se proposait d'affronter ? Un écrivain-acoolique-ouvrier-agricole en quête de rédemption.
Oui, mais voilà… Pas d'étincelles, ni d'émotion. Nada. Un peu comme ces toreros qui récitent leurs gammes, tirent le nombre de passes syndicales et empochent le chèque avant de retrouver finca, épouse et Andalousie.
Il faut bien se rendre à l'évidence, “Bella Ciao” c'est lisse et triste comme un après-midi sans duende. Dommage…
Retenons néanmoins la lettre à sa fille qui vaut le détour. Mais 9 pages sur 147, vous conviendrez que c'est un peu léger quand on s'appelle Holder...
Bref, un rendez-vous manqué.
À déguster avec un ou deux verres de Lagavulin 16 ans d'âge avant de finir la bouteille pour oublier…
“Bella Ciao”, Éric Holder, éd. Seuil, 16,0
0 €.

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lundi 31 août 2009

Gaël m “New York Fantasy“…


Pourquoi se donner la peine de lire “New York Fantasy”?…
Parce que premier roman.
Parce qu'Antonin Arthaud : “J'aimerais me suicider mais avant cela je voudrais être sûr d'être en vie. Et rien ne prouve que je le suis, donc le suicide est exclu”.
Parce que Mick Bowery = Bukowski.
Parce Sky Line, Washington Square, Lower East Side ou Chelsea Hotel.
Parce que Suzanne et Leonard : “Suzanne takes you down to her place near the river / You can hear the boats go by / You can spend the night beside her”…
Parce qu'à New York le présent n'a pas le temps d'exister.
Parce qu'entre Hudson et East River tout n'est que nostalgie ou souvenirs.
Et parce que 120 pages c'est bien pour commencer en douceur la rentrée littéraire.
Bref, peut-être pas indispensable, mais agréable.
À déguster avec une Indiana Pale Ale de la Heartland Brewery (Fulton St./South Street Seaport).
“New York Fantasy”, Olivier Jacquemond, éd. Mercure de France, 13,5
0 €.

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dimanche 30 août 2009

Gaël m “Un Roman Français”…


Et si Beigbeder était un escroc ?…
Et si Beigbeder avait passé ses premiers livres à raconter “un homme que je ne suis pas, celui que j'aurais aimé être, le séducteur arrogant qui faisait fantasmer le BCBG coincé en moi ?”…
Et si Beigbeder n'était plus “cet homme en ballotage, bâti sur pilotis : ni fondation, ni sous-sol ?” mais désormais un homme en quête d'ancrages ?…
Et si Beigbeder cessait d'être puéril pour se construire et écrire “c'est à dire enfin parvenir à me libérer de moi-même ?”…
Et si Beigbeder abandonnait le slogan pour la phrase vraie ?…
Et si Beigbeder délaissait, une fois pour toute, les paillettes de la night pour écrire ce livre que toute sa vie il avait évité d'écrire, pour nous parler “de la vie que j'ai vécue” et écrire “Un roman français” ?…
Et si Beigbeder avait raison lorsqu'il prétend “qu'écrire c'est lire en soi” ?…
À vous de juger.
Quant à moi, mon choix est fait.
Un écrivain est né. Enfin ! Grand ? À lui de nous le prouver...
Comme quoi la coke peut révéler l'homme à lui-même.
À déguster sans modération avec un rail de colombienne ou une vodka-pomme pour les plus raisonnables.

“Un roman français”, Frédéric Beigbeder, éd. Grasset, 18,
00 €.

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samedi 29 août 2009

Gaël m “Romanzo Criminale“…


Romanzo Criminale c'est l'histoire de Rome…
Sauf qu'ici la louve est une pieuvre…
Sauf qu'ici Romus et Romulus s'appellent le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle ou Œil Fier…
Une bande de bras cassés sans foi ni loi qui tue, tire, torture, braque et rackette dans le seul but de mettre la ville éternelle à leurs pieds…
Romanzo Criminale c'est l'histoire de flics qui couchent avec les maîtresses des voyous et de “combinazione” entre Mafia, loge P2 et services secrets…
Romanzo Criminale ça sent la pizza, la poudre, la coke, la sueur, l'huile d'olive et le sexe.
Bref, une certaine Italie.
À déguster sans modération avec un verre de Lacryma Christi.

“Romanzo Criminale”, Giancarlo De Cataldo, éd. Points Policier, 8,
50 €.

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dimanche 23 août 2009

Gaël m les “Carnets Taurins”…


De la Real Maestranza à Las Ventas, des comiques taurins à Sébastien Castella, de l'Inter Continental de Medellin à l'hôtel Yoldi de Pampelune, de Lupe Sino à l'hôpital de Linares, des papillos Santa Elvira de Cordoba aux pan bombons Conde Torres Cabrera, des Miuras aux Victorinos Martin, des oubliés du ruedo aux figuras et autres maestros, de la taberna Antonio Sanchez de Madrid au bar Goal d'Irun, des tendidos aux barreras… vous apprendrez pourquoi en Andalousie on torrée alors qu'ailleurs on travaille.
De chroniques en chroniques, le monsieur es-toros y toreros de Libé vous convie à un périple en tauromachie.
Vingt ans de souvenirs et d'anecdotes, de triomphes et de broncas, de paseo et de faena qui traduisent l'émotion ou la peine que chaque aficionado ressent dans les arènes. Qui disent pourquoi le temps s'arrête parfois à 6 de la tarde quand on va à los toros.
Vingt ans d'articles qui racontent petites et grandes histoires du Mundillo et donneront peut-être envie à ceux qui n'y sont jamais allés de pousser un jour la porte des arènes.
Bref, à lire pour enrichir sa culture tauromachique ou essayer de comprendre “le grand souffle du mystère taurin”.
À déguster sans modération avec un verre de Fino Tio Pepe.

“Carnets Taurins”, Jacques Durand, éd. Atelier Baie / Actes Sud, 45
,00 €.

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samedi 22 août 2009

Gaël m l'open space qui tue…


Si vous vous demandez encore pourquoi…
…il est primordial d'avoir toujours l'air “charrette” et de courir sans cesse dans les couloirs avec de préférence un dossier sous le bras, même si vous n'allez qu'aux chiottes.
…on rêve tous d'un bureau fermé.
…l'accueil s'appelle désormais “lounge”, la machine à café “K-fête”, les couloirs des “espaces de rencontre” et les salles de réunions des “espaces de communication”.
…tout le monde surveille tout le monde.
…l'open space dans lequel vous bossez s'est mué en open stress.
…les cadres n'encadrent en définitive plus qu'eux-mêmes.
…en plus de son boulot, il convient de travailler sa “courbe de maturité”.
…Facebook permet de s'inventer un personnage qui plaise à son boss.
… certains collègues divorcent à force d'être des “crackberries”.
…il est mal vu de se plaindre au risque de passer pour un dangereux révolutionnaire.
…les week-ends “team-building” se finissent en week-ends dé-motivation.
…le “time-sheet” est un vrai “time-shit” et s'apparente plus à un bracelet électronique qu'autre chose.
…le stagiaire est un modèle économique à part entière.
…les cadres refusent les promos et sont de plus en plus candidat au licenciement négocié.
…lisez “L'open space m'a tuer”, vous comprendrez.
Bref, un manuel de survie des temps modernes.
À déguster sans modération avec, selon votre situation professionnelle, un Red Bull ou un Xanax.

“L'open space m'a tuer”, Alexandre Des Isnards & Thomas Zuber, éd. Hachette Littératures,
16,50 €.

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