samedi 9 avril 2011

Gaël m “Ce que j'appelle l'oubli”…

60 pages et une phrase…
Comme une fulgurance, un souffle. Un souffle coupé et trop vite éteint par des vigiles au milieu des boîtes de conserve, sur la dalle de ciment d'une réserve de supermarché. Un souffle étouffé pour avoir bu une bière sans payer. 60 pages pour dire le prix d'une vie et le souvenir. 60 pages pour ne pas oublier qu'un jour de décembre 2009 une personne y a laissé sa vie à La Part-Dieu...
À déguster avec une Kro à la santé de nos amis les vigiles.
“Ce que j'appelle l'oubli”, Laurent Mauvignier, Éditions de Minuit, 7
,00 €.

lundi 4 avril 2011

Gaël m pas “La carte et le territoire”…


Il y a des jours comme ça où je me lève en me disant : “Mon p'tit Gaël, arrête d'être con, fais preuve d'ouverture d'esprit”… Ce jour-là est arrivé il y a peu de temps. Je me suis donc habillé et précipité chez mon libraire préféré (Librairie du Tramway, 92 Rue Moncey, Lyon 3ème) pour acheter… (roulements de tambour) le dernier Houellebecq !!! Car, je dois l'admettre, entre le p'tit Michel et moi, les rapports sont plutôt tendus. C'est vrai que depuis “Les particules” et “L'extension du domaine de la lutte” j'ai démissionné, ne ratant jamais une occasion de railler celui qui se rêve en Céline 2.0 et qui n'est au final qu'une Enid Mary Blyton au masculin (créatrice de “Oui-Oui” et du “Club des cinq”). Mais bon, ce jour-là, particulièrement bien disposé, j'avais décidé de dépasser mes vulgaires préjugés. D'autant plus que son dernier ouvrage lui avait valu une critique dithyrambique dans Les Inrocks (“Roman total, bilan de l'état du monde, labyrinthe métaphysique sidérant de maîtrise”…) et le Goncourt 2010 accessoirement. Armé de bonnes intentions à son encontre et d'une margarita de derrière les fagots, j'entamai donc la lecture de cet hypothétique chef-d'œuvre que j'achevai quelques heures plus tard. Résultat, encéphalogramme plat. Rien, que dalle, nib, même pas le début d'une érection. Ce qui selon certains, dont je tairai le nom par bienveillance, se promettait d'être une réflexion sur l'art, l'argent et la notoriété s'est révélé être aussi palpitant qu'une enquête de Derrick. C'est dire... Non content de s'incarner en artiste, enquêteur, chien et solitaire n'attendant plus rien du genre humain, le p'tit Michel ose se mettre en scène et imaginer sa propre mort. Loin de moi l'idée d'être grossier ou vulgaire, mais comme le disait un autre Michel : “Les cons ça osent tout, d'ailleurs c'est à ça qu'on les reconnaît”… Bref, une chose est sûre, si le p'tit Michel a réussi à décrocher le dernier Goncourt, c'est à l'usure, pas au talent. Fin de la discussion.
À oublier très vite avec une autre margarita (45 cl. de téquila reposado José Cuervo, 15cl. de Cointreau, 15cl. de citron, 15 cl. de citron vert et un trait de sucre de canne)
“La carte et le territoire”, Michel Houellebecq, éd. Flammarion, 22
,00 €.

dimanche 3 avril 2011

Gaël m pas “Le léopard”…


Si Harry Hole, son alcoolisme et ses démons sont bien de retour, il semblerait que Jo Nesbo se soit perdu en route. Quelque part entre Hong-Kong, Oslo, Bergen et le Congo… Tant ces incessants déplacements n'apportent pas grand chose à l'histoire. Tant le thème de la chasse au serial-killer semble vu et re-revu. Tant le rapport au père mourant, l'évocation récurrente de son ex et l'idylle avec son inspectrice relèvent plus du cliché que d'autre chose. Tant on sait que Harry Hole a du mal avec la vie en général et les autres en particulier qu'il semble un peu vain de nous le répéter à chaque fois… Tant les références au “Bonhomme de neige” sont nombreuses et encombrantes. Tant on a le sentiment, après 760 pages, d'un Jo Nesbo en manque d'inspiration. Si cela devait être une suite au précédent opus, c'est raté. Dommage et un peu chiant comme un jour de pluie sans gin-tonic...
À déguster avec un verre (ou plus) de Jim Beam pour se consoler de ce rendez-vous manqué…
“Le léopard”, Jo Nesbo, éd. Série Noire Gallimard, 21
,00 €.

vendredi 1 avril 2011

Gaël m “La blessure, la vraie”…


La Vendée avant le tsunami et Philippe de Villiers… Bégaudeau dit les blessures de l'enfance, les angoisses de l'adolescence, le regard de l'autre, Madonna touched for the very first time, les chaussettes Burlington, la peau grasse, l'acné, les tee-shirts improbables d'Ivan Lendl, l'obsession du pelotage, l'urgence du dépucelage, le “Final Countdown” d'Europe, les premiers poils pubiens et les premiers joints, les amours d'un été dont on se souvient toute sa vie, les doutes, la peur de ne pas y arriver, le mystère des filles, les canons et celles que l'on tripote un soir de bal sur la plage, les parties de babyfoot, la connerie des mecs entre eux, le rêve d'un autre monde, d'une terre moins terre à terre, la France des années 80 (lire à ce sujet le premier roman de Gaëlle Bantegnie chez Gallimard)… Bref, Bégaudeau raconte celui ou celle que l'on a été un jour ou l'autre…
À déguster avec un Cacolac bien frais…
“La blessure, la vraie”, François Bégaudeau, éd. Verticales, 1
9,00 €.

dimanche 27 mars 2011

Gaël m “Little Big Bang”…


Mazel tof ! On connaissait l'humour juif en général, moins celui de la jeune garde littéraire israélienne. C'est aujourd'hui chose faite avec cette fable. À partir d'un régime amaigrissant à base d'olives, et d'un olivier qui pousse dans l'oreille de celui qui tente de perdre du poids, sont évoqués la Shoah et ses survivants, les rapports homme/femme, l'amour maternel, les palestiniens, les colons et les territoires occupés. Rien que ça. Mais derrière cette fable décalée où l'auteur aborde bon nombre de sujets d'actualité se cache un récit qui prête à sourire voire à franchement rire. À travers cette famille israélienne moderne et cet olivier “colon” qui pousse en territoire étranger se dessine une société empreinte de convictions et de contradictions. Une société en mutation qui commence peut-être à comprendre qu'il serait grand temps d'accepter l'autre aussi différent et éloigné de nous soit-il...
À déguster avec un Mont Hermon blanc du plateau du Golan (toujours occupé par Israël malgré la condamnation du Conseil de sécurité des Nations Unies)…
“Little Big Bang”, Benny Barbash, éd. Zulma, 17,5
0 €.

vendredi 4 septembre 2009

Gaël m pas “Bella Ciao”…


Il en va de certains livres comme des corridas de “figuras”…
Ces corridas du vendredi en Arles à l'approche de Pâques qui réunissent ce qui se fait de mieux question maestros (vivement Castella le 12 septembre en Arles et le 26 à la Real Maestranza !!!).
On ouvre le livre, fébrile, excité comme à 6 de la tarde, certain d'assister au spectacle du siècle, si assuré de voir pleuvoir orejas et rabo… Et puis… Et puis rien ! Silence, sifflets et bronca.
On ferme le livre comme on sort des arènes dans ces moments-là. Blessé, amer, frustré et prêt à sombrer dans le Fino. Et pourtant, c'est bien ce même matador que l'on a vu ciseler des faenas d'antologie à Valence ou Madrid… Et pourtant, c'est bien ce même Holder que l'on a vu, seul dans l'arène, face à “Mlle Chambon” ou “L'homme de chevet”…
Oui, mais voilà… Aujourd'hui n'était pas le jour…
Pourtant, l'aficionado était là, fidèle au rendez-vous depuis 1996, persuadé que son maestro-écrivain allait, une fois de plus, l'émouvoir. Et que dire de l'histoire-toro qu'Holder se proposait d'affronter ? Un écrivain-acoolique-ouvrier-agricole en quête de rédemption.
Oui, mais voilà… Pas d'étincelles, ni d'émotion. Nada. Un peu comme ces toreros qui récitent leurs gammes, tirent le nombre de passes syndicales et empochent le chèque avant de retrouver finca, épouse et Andalousie.
Il faut bien se rendre à l'évidence, “Bella Ciao” c'est lisse et triste comme un après-midi sans duende. Dommage…
Retenons néanmoins la lettre à sa fille qui vaut le détour. Mais 9 pages sur 147, vous conviendrez que c'est un peu léger quand on s'appelle Holder...
Bref, un rendez-vous manqué.
À déguster avec un ou deux verres de Lagavulin 16 ans d'âge avant de finir la bouteille pour oublier…
“Bella Ciao”, Éric Holder, éd. Seuil, 16,0
0 €.

http://gaelmoupas.blogspot.com